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Ils montent le petit escalier en colimaçon, pénètrent dans l’univers  magique des créations….

Ils découvrent ce lieu vivant, peuplé d’ombres venues d’ailleurs, qui attendent pour revivre quelques instants.

« Je n’ai pas de costume pour le spectacle ! On ne m’a pas contacté ! ».

« Mais si ! Ne t’inquiète pas, une costumière s’occupe  de toi ».

Un sourire de soulagement se dessine sur les lèvres. Quelqu’un a déjà pensé à lui, à elle.

A imaginé le costume qui fera de lui, d’elle, « l’autre », qu’il va devoir faire revivre.

Ils sont là, le comte, la comtesse, la marquise, l’aristocrate, la condamnée, le  révolutionnaire, tous ces personnages insolites venus de loin, qui  se bousculent  pour exister un instant dans notre présent.

La costumière écoute, regarde, recherche, réfléchit, invente et enfin trouve la solution pour répondre à la demande du metteur en scène.

Le  passé et le présent s’épousent dans l’étoffe, s’abandonnent. Les  doigts agiles opèrent, s’attardent  sur  le détail, le détail qui doit transporter le spectateur dans l’imaginaire.

La costumière prend soin de l’acteur, l’encourage, l’accompagne dans sa métamorphose. L’acteur explore son inattendu, se transforme, se  découvre. Il se sent devenir celui qu’on attendait.

Le Jour arrive enfin !

L’acteur et le personnage vont endosser l’habit.

La costumière se retire, laisse l’étoffe lui échapper, épouser le mouvement, aller vers sa destinée, opérer la magie.

Elle, elle  regardera dans l’ombre, émerveillée, la métamorphose.

 Marie-Catherine Mangou

Raspal,_Antoine_-_The_Couturiers_workshop_-_1760Tableau de  Antoine Raspal, 1760